CARNAVAL

Publié le par EDUCASERVE

ÉTRANGE CARNAVAL ...
 
Quel étrange défilé arrive sur l’avenue de l’étrange commune ?
Serait-ce Carnaval, avec ses excès et ses pantalonnades bouffonnesques et grotesques ?
Légères et courts vêtues, voici des adjoinettes, huées et conspuées les pauvrettes , jetant sur la foule, non des pétales de roses, mais des feuilles d’impôts très “majorettes”.
L’une d’entre elles, isolée, en tutu et grand décolleté,tient en laisse des présidents d’assos à quatre pattes, grommelant à leurs adhérents des louanges sur le pouvoir en place.
Des adjoinets la suivent, déguisés en horodateurs en papier alu, quémandant  à la foule des piécettes qu’ils enfouissent dans des grandes poches noires insondables. Pas très bien reçus eux non plus, sous une pluie de tomates et d’oeufs pourris !
Suit un premier char, avec une magnifique vedette de sauvetage à l’avant et, à l’arrière, un immense Titanic communal qui s’enfonce inexorablement dans les eaux ... et dans l’indifférence générale.
Puis un plateau avec des sportifs pas mal amochés, ruguebimènes cabossés et footeux éclopés, se frayant un chemin à travers les ronces, à la recherche d’une clinique du sport tant promise et toujours fantomatique.
Un autre plateau avec de jeunes gymnastes ouvrant des portes imaginaires, utilisant des agrès imaginaires et lançant des ballons de baudruche dans des paniers tout aussi imaginaires.
Voici le char des deux campings, tous deux appartenant à l’étrange ville, l’un géré par un privé au gros cigare et euro-prolifique, l’autre communal avec des résultats financiers squelettiques.
Et, enfin, le clou du défilé !
L’immense char du roi Ubu, ce célèbre personnage d’Alfred Jarry, illustrant les stupidités et les pires instincts du pouvoir absolu.
Ubu dans toute sa splendeur, avec trois gestes mécaniques et répétés, distribués à la foule hurlant de rage : un bras d’honneur, une torgnole, un doigt d’honneur.
Sur la plate-forme, des conseillettes  et conseillets agitant des bulletins de vote géants au nom du gros et ventripotent UBU.
Deux personnages attirent les regards.
Le premier, agenouillé et reconnaissant, baise la chaussure droite d’Ubu; c’est un commerçant ruiné qui vient d’obtenir un poste d’employé municipal.
Le second, tout aussi agenouillé et reconnaissant, baise la chaussure gauche; c’est en fait une directrice de société qui a obtenu un gros marché et rêve déjà d’une rutilante et rouge voiture italienne dans son garage !
Le char est tout de même ralenti par une quarantaine d’imposantes casseroles à lui attachées; chacune porte le résultat d’une condamnation par le tribunal administratif.
Ralenti aussi par, au bout d’un filin d’acier, un immense rocher noir représentant l’énormité des dépenses insensées et inutiles.
NOTA BENE : En fait, ce récit était totalement imaginaire , comme le sont tant de promesses électorales ... Car le Carnaval est annulé cette année dans l’étrange ville .. Pour des raisons soi-disant purement téqueniques ( si quelqu’un sait ce que signifie ce dernier mot, qu’il le fasse savoir... nous, on cherche toujours !!! ).