Du rêve à la réalité

Publié le par EDUCASERVE

MERVEILLEUX RÊVE DE NOEL
 
C’est le soir de Noël chez Viviane et Clément, dans leur vieille maison, au fond d’une vieille rue mal éclairée et mal entretenue.
Comme chaque année à pareille date, ils iront se coucher après avoir laissé mourir le feu dans la cheminée, par souci d’économie.
Mais ils déposeront tout de même leurs chaussures devant l’âtre refroidi.
En cours de nuit, Clément est ébloui par une vive clarté. Viviane aussi. Ils se dirigent vers la pièce voisine.
Surprise! Un magnifique feu de bûches sèches crépite dans la cheminée.
Mais la lumière la plus vive émane des quatre chaussures.
Clément s’approche des siennes. Il découvre une grande annonce dans la première : “ La gestion du port, comme celle de tous les autres ports de plaisance de France, a rapporté des millions d’euros.”
Dans la deuxième, une autre annonce : “ La gestion du camping municipal, comme celle de tous les autres grands campings de France, a rapporté des millions d’euros.”
Il ne comprend pas pourquoi on lui étale ces nouvelles un soir de Noël.
C’est alors que Viviane prend sa première chaussure et y découvre un document officiel de la mairie leur annonçant que, désormais, tous les habitants de la ville ne paieront plus d’impôts locaux. Elle en pleure de joie, car ces prélèvements de fin d’année grèvent lourdement leur maigre budget.
Elle glisse sa main dans la deuxième chaussure et en tire deux chèques de plusieurs milliers d’euros, établis l’un en son nom et l’autre au nom de Clément, avec un autre document officiel ainsi libellé : “ Une gestion saine et réfléchie nous a permis de réaliser d’énormes économies et nous pouvons adresser à tous nos concitoyens une coquette somme en cadeau de Noël.”
Plusieurs heures après, dans le petit matin blafard , le couple se réveille et découvre une cheminée froide et des chaussures vides. Ils comprennent qu’ils n’ont fait qu’un beau rêve et que la dure réalité est tout autre. Ce n’est pas une surprise pour eux, qui ont la malchance de vivre dans une cité au budget à l’agonie, où ceux qui la dirigent n’en ont vraiment rien à faire des malheureux qui souffrent en silence... pour l’instant.